Valérie Pécresse, qui se présentera aux primaires des Républicains pour l’élection présidentielle de 2022, et en visite dans nos calanques, prêche pour une écologie de droite. Pour sauvegarder les calanques une solution : “…créer une écopolice pour vérifier que tous ceux qui les utilisent respectent les règles… il y a un vrai manque de police environnementale, secondée par la police nationale qui sanctionnerait les mauvais comportements” . Ces propos dans la bouche d’un écolo seraient qualifiés par la même personne “d’atteinte aux libertés” ou bien “d’écologie punitive”. Voila une tache supplémentaire pour la police nationale qui, comme vous le savez, est un peu désœuvrée en ce moment. De son côté, candidat de “L’écologie au centre”, Jean-Marc Governatori veut “extirper l’écologie de la gauche” sous prétexte que la “France est de droite”. Profitant des rivalités qui opposent les différents courants de cette gauche et sur le modèle qui a si bien réussi à Macron, il veut séduire les centristes : ceux du libéralisme social, du PS de François Hollande, qualifié de “Gauche” seulement en Amérique et de « Centre » en Europe. Or, ce libéralisme est basé sur la loi du marché. Coté européen, cette économie devait être en mesure de financer la protection sociale par une imposition redistributive et imposer le respect des règles européennes de la concurrence. On sait ce qu’il en est. Les disparités entre les états riches de l’Ouest et pauvres de l’Est on faussé ces règles et balayé les bonnes intentions. Quant au monde anglo-saxon et plus spécialement celui des USA, il continue, on l’a vu avec Trump, à poursuivre un seul but : “faire de l’argent”.
L’économie de marché non régulée, qui recherche une maximisation du profit, est peu compatible avec les exigences du développement durable. Elle conduit à des raisonnements de court terme, et elle tend à la satisfaction des intérêts des seuls actionnaires des entreprises.
L’avatar le plus redoutable de cette économie, c’est le capitalisme. Grâce à notre appétence, devenue culturelle, à consommer, il est capable, par sa puissance financière, sa maitrise des principaux médias et la publicité qui va avec, de s’adapter à toutes les situations. Nous sommes déjà entrés dans le capitalisme vert qui tire et tirera chaque jour un peu plus de profits des industries de préventions et de réparation des catastrophes naturelles à laquelle, sans doute, les plus pauvres n’auront pas accès ; et ce malgré la théorie du ruissellement fondée sur l’hypothèse selon laquelle un gain de revenus des plus riches – les fameux “premiers de cordée” d’Emmanuel Macron – serait immédiatement et en grande partie réinvesti dans l’économie. Les études du FMI tendent à montrer que l’épargne des très riches, plutôt que de ruisseler vers le bas, ruissellerait vers les paradis fiscaux où elle n’est pas taxée.
Si l’Écologie ne peut pas être du côté des néo-libéraux on voit bien qu’elle n’est pas compatible non plus avec les idées la Gauche historique, celles du libéralisme social ou du communisme productiviste.
Certains essayent de trouver un compromis dans la formulation “République écologique”. Et j’ai trouvé, dans le blog d’un directeur d’écolede Lodève, Sébastien Rome, une tentative très réussie d’expliciter la réunion curieuse de ces deux mots avec une surprenante référence à Jean Jaurès.
Lire l’article “La République peut-elle être écologique ?” de Sébastien Rome