Dérèglement climatique, guerre en Ukraine, crise énergétique, les fonds de placements, les banques et les traders spéculent sur l’alimentation, inflation galopante…
Tous les partis, de l’extrême droite à l’extrême gauche, veulent désormais améliorer le “pouvoir d’achat”. Élections obligent, ils ont suivi les résultats des sondages qui le placent en tête des préoccupations des français. On se gargarise de ces deux mots qui ne veulent pas dire, dans leur bouche, la même chose. Grâce à eux, Marine Le Pen a remplacé avantageusement ceux de “sécurité”, “sol français”, “peuple français” qu’elle a laissés à Eric Zémour. Elle a récupéré ainsi bon nombre de pauvres gens, alléchés par ses promesses “sociales”, mais oubliant – ou ignorant même – que le parti d’Hitler s’appelait “national socialiste”.
Pour les libéraux, le pouvoir d’achat fait partie de la logique capitaliste
Le précieux Wikipédia explique que ce pouvoir d’achat peut-être mesuré à deux niveaux : le pouvoir d’achat du capital, lié à l’indice des prix et le pouvoir d’achat du travail, le temps de travail nécessaire. Ce qui conduit, théoriquement, au calcul du SMIC. Logiquement on devrait pouvoir augmenter le pouvoir d’achat des plus pauvres en augmentant le SMIC mais cela pénalise les entreprises françaises par rapports aux entreprises étrangères qui n’appliquent pas de salaire minimum de même niveau. C’est pourquoi Macron préfère donner des “primes”, des “chèques”, des “aides”… Dans un cas comme dans l’autre on augmente un pouvoir d’achat “aveugle”. Le pouvoir d’acheter quoi et à qui ? Qui peut définir, dans un pays européen, où l’on ne meurt pas encore de faim, ce qu’est le “minimum vital” ? Comment doit-on interpréter cette phrase récurrente chez les Gilets Jaunes : “… le quinze du mois, je suis à sec…” ?
La pauvreté matérielle dans les cercles d’échanges économiques est associé à l’incapacité totale ou partielle d’obtenir de la nourriture, des vêtements et un abri pour se nourrir, s’habiller et se loger. Dernièrement, sur Arte, dans un documentaire sur la pauvreté en Allemagne, on suivait la vie d’un couple de quinquagénaires en difficulté. Leur logis semblait plutôt confortable et le plus maigre des deux devait approcher le quintal. Certes, on sait que la nourriture la moins chère n’est pas la plus saine et que le porc industriel germanique n’a rien à envier au poulet américain ; mais nous sommes bien loin de la pauvreté extrême, celle qui livre aux mouches les cadavres squelettiques de bébés africains. Pour autant, malgré les apparences, ce couple d’Allemands victime, comme bien d’autres en Europe, de la hausse des prix du carburant et de l’énergie, ne joue pas la comédie et souffre réellement des multiples privations désormais imposées. C’est qu’il faut faire la distinction entre le “pouvoir d’achat” et le “vouloir d’achat”. Les deux mamelles du capitalisme, marketing et publicité, ont, depuis la fin de la guerre, modifié sournoisement les mœurs des européens. Les progrès foudroyants de l’informatique ont fait le reste. Dans les familles les plus pauvres, l’enfant préfèrera se passer de viande plutôt que d’un smartphone, “taillera” l’école parce que ses baskets sont trop vieux ou, harcelé puis volé, en reviendra en larmes culpabilisant, du même coup, les parents. Sommes-nous capables, nous-même, “bobos” plus ou moins atteints ou déguisés, de nous priver du superflu ?
Voilà pourquoi donner des chèques ne résout pas le problème de la pauvreté
Je ne suis pas un expert en économie mais il me semble que, pour améliorer le pouvoir d’achat, les aides de l’État pourraient être plus ciblées, humainement cohérentes, sans interdits ni morale. Il faudrait, par exemple, améliorer et étendre le système des tickets pour les plus pauvres donnant accès à des coopératives “éthiques” pour des produits indispensables mais répondant à des critères de salubrité et optimisant, par la proximité de la production, le bilan carbone.
Finalement, ce qui m’a le plus déçu, dans la campagne des Verts, c’est cette absence de propositions concrètes qui font entrevoir non pas une vie de repli mais celle d’une reconquête.
Ça va être l’heure de l’apéro. Je vais mettre un peu d’anis dans mon eau…